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Tendances sur le marché roumain de la main d’oeuvre

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Bucarest, 6 mars/Rompres/ - Le départ massif des Roumains pour travailler à l’étranger a déterminé la plus importante crise du marché roumain de la main d’oeuvre dans toute son histoire.

Le gouvernement de Bucarest pense à une stratégie visant à attirer les Roumains partis pour travailler à l’étranger ou à faire insérer sur le marché du travail des groupes qui n’étaient pas visés jusqu’à présent, tels les ouvriers en provenance des pays voisins ou les habitants du milieu rural.

La main d’oeuvre de la Roumanie est ’’bloquée’’ dans une proportion importante dans l’agriculture de subsistance et celle-ci pourrait être attirée dans des activités de production, voire dans le domaine des services, a déclaré le ministre du Travail, Gheorghe Barbu. Si besoin est, poursuit-il, on pourrait requalifier cette main d’oeuvre et le ministère du Travail a élaboré des programmes dans ce sens.

Selon M. Barbu, le drainage des ouvriers en provenance de pays étrangers est ’’une variante future’’ tout comme l’est la stratégie d’information des Roumains qui travaillent à l’étranger et qu’on pourrait faire rentrer dans leur pays par des facilités et des salaires attrayants.

La plus importante crise de la main d’oeuvre se remarque dans le domaine du bâtiment, parmi le personnel technique hautement qualifié (les ingénieurs) et dans celui de la santé (notamment en ce qui concerne la catégorie des infirmiers diplômés), précise Gheorghe Barbu.

Les employeurs et les spécialistes en ressources humaines ont des opinions diverses quant aux ressources de la main d’oeuvre de Roumanie.

Selon Adrian Izvoranu, directeur à la Confédération patronale de l’Industrie, des Services et du Commerce de Roumanie, les politiques industrielles, fiscales, éducationnelles et sociales devraient aider les employeurs à développer le marché du travail. A son avis, le milieu rural est la ressource principale. Il qualifie de nécessaire l’élaboration d’un programme éducationnel cohérent susceptible d’attirer ce milieu vers la production. La crise de la main d’oeuvre se manifeste aussi dans le secteur du tourisme, dans l’industrie de l’ameublement, l’industrie textile et l’industrie alimentaire, dit-il.

Selon Maria Grapini, président de la Fédération patronale de l’Industrie légère (FEPAIUS), le gouvernement devrait travailler sur les coûts macroéconomiques des employeurs et penser à des investissements dans le domaine de l’infrastructure, de nature à déterminer une hausse de la productivité en l’absence de laquelle il est impossible d’augmenter les salaires.

Il faut tenir compte du fait que la main d’oueuvre qu’on pourrait amener du milieu rural n’est pas qualifiée et qu’elle est vieille, estime pour sa part Laurentiu Pleosceanu, vice-président de l’Association roumaine des Entrepreneurs dans le domaine du Bâtiment (ARACO). D’après lui, faire venir des ouvriers étrangers pourrait devenir plus coûteux qu’embaucher du personnel roumain, les coûts impliqués par chaque ouvrier étranger pouvant se rapprocher de tout au moins 500 euros par mois.


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