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Sur quels chemins la Roumanie rejoindra-t-elle l’Europe ?!


Le  mercredi 9 août 2006

- Source : www.evz.ro - traduit du roumain par Mlle. Daiana COLTAN

- Date : le 23 juillet 2006


Avec seulement 211 kilomètres d’autoroute, la Roumanie se trouve loin derrière les autres pays européens. Les étrangers préfèrent laisser leurs voitures chez eux, ce qui apporte des préjudices importants au tourisme roumain. Est-ce qu’il est possible de rejoindre l’Europe sans avoir des vraies routes ?

La Roumanie se trouve "en bas de la liste" parmi les pays européens en ce qui concerne les autoroutes.

"L’infrastructure roumaine n’atteindra des standards européens que d’ici 20 à 30 ans, et il n’existera un réseau d’autoroutes que d’ici 20 ans", a affirmé M. Radu BERCEANU, le ministre des transports et des constructions de Roumanie.

La construction des autoroutes roumaines progresse très lentement. En tout, ce pays détient un peu plus de 200 kilomètres d’autoroute. Le manque de fonds pour l’autoroute BUCURESTI-CONSTANTA, l’asphaltage défectueux, effectué actuellement pour la troisième fois de l’autoroute BUCURESTI-PITESTI, le scandale "BECHTEL" et le temps perdu avec l’analyse des contrats ont été toutes des causes qui ont conduit à ce triste record.

Cette année, seulement 37 kilomètres de l’autoroute BUCURESTI-CONSTANTA sont utilisables. L’année prochaine cela fera 20 ans depuis le démarrage des travaux pour cette autoroute.

Jusqu’en 2010, seulement quelques autoroutes seront prêtes à être utilisées. Les routes nationales ne représentent elles non plus une alternative raisonnable. Il y a des trous de partout, et quand il y a des travaux le trafic est énormément ralenti, au point de ne s’avancer que de quelques kilomètres pendant plusieurs heures.

Cependant, la Hongrie, pays voisin de la Roumanie, possède déjà 500 kilomètres d’autoroute, alors que la surface du pays et deux fois plus petite. Dans une situation similaire se trouvent des pays comme la Lituanie ou la Slovaquie.

Les touristes étrangers sont de plus en plus amenés à éviter la Roumanie. Les statistiques témoignent de cette situation, l’année dernière le nombre des personnes venues en Roumanie en voiture ayant diminué de 4,5 millions par rapport à 2004.

"Une partie des routes nationales a été réhabilitée, mais en ce qui concerne la construction d’autoroutes nous sommes loin derrière", a déclaré Mme. Dorina ISOPESCU, inspecteur d’Etat, spécialisé dans le BTP. Que fait alors la Roumanie pour récupérer le temps perdu ?!

"Il est dommage que vous ayez de telles routes !"

Apres 2 ans de travaux, la Roumanie possède 37 kilomètres d’autoroute vers CONSTANTA, les localités DRAJNA et FETESTI étant maintenant liés par l’autoroute. Notre pays possède 211 kilomètres d’autoroute, c’est-à-dire un kilomètre pour 100.000 habitants.

Même comparée à d’autres pays ex-communistes, la Roumanie se trouve dans une très mauvaise situation en ce qui concerne les kilomètres d’autoroutes construits. En dépit d’une plus petite surface, la Hongrie possède déjà 500 kilomètres d’autoroute, la Lituanie 400 et la Slovaquie 300 plus 52 kilomètres de voie rapide.

Combien de temps devra-t-on encore attendre ?

D’après le ministre des transports, sur L’"Autoroute du Soleil", qui devrait lier les villes de Bucarest et de Constanta, un nouveau tronçon de 17 kilomètres d’autoroute sera disponible d’ici la fin de la année, entre Fetesti et Cernavoda. La construction de cette autoroute a été commencée en 1987, mais a été suspendue deux fois par manque de fonds.

L’année prochaine ne s’avéra malheureusement pas non plus spectaculaire en ce qui concerne l’ouverture de nouvelles autoroutes. Jusqu’à présent, seulement des réparations sur 15 kilomètres de l’autoroute Bucarest - Pitesti sont prévues.

Enfin, jusqu’en 2010, 54 kilomètres de l’autoroute "Bechtel", reliant Brasov à Oradea via Cluj-Napoca, devraient être prêts, entre Campia Turzii et Gilau.

Les politiciens ont la volonté, mais ne possèdent pas les moyens financiers

Conscient des manques existants, le premier ministre, M. TARICEANU, veut accélérer les choses et demande la fin des travaux pour l’autoroute Brasov-Bors jusqu’à la fin de 2013. Le coût total pour celle-ci s’élèvera à 2,2 milliards d’euros.

Auparavant, ce projet avait été aussi suspendu l’année dernière quand les contrats qui chargeaient l’entreprise américaine BECHTEL de cette affaire ont été reconsidérés.

Des projets en cours

Les travaux ont été repris seulement après que l’Etat ait emprunté 100 millions d’euros afin d’effectuer les payements vers BECHTEL. M. TARICEANU insiste que le premier tronçon prêt sera celui entre Cluj et Oradea.

Une autoroute Bucarest-Brasov est aussi dans les plans du gouvernement. Il s’agira d’une autoroute de 174 kilomètres à partir de la périphérie du deuxième arrondissement de Bucarest. Avant de commencer les travaux, l’Etat roumain se doit d’acheter 27 hectares de terrain qui se trouvent actuellement dans la possession de certaines entreprises ou personnes physiques.

Le ministère des transports payera ainsi des dédommagements de 5,65 millions de "nouveaux lei" (RON), l’équivalent de 1,62 millions d’euros, afin de s’approprier les terrains nécessaires à la construction de cette autoroute.

En grande majorité, les autoroutes roumaines sont construites par des entreprises de l’Europe Occidentale, comme c’est le cas d’ailleurs dans plusieurs pays de l’Europe de l’Est.

Qui sont les constructeurs ?

D’après la revue économique roumaine "CAPITAL", l’infrastructure routière européenne est dominée par certaines entreprises allemandes, autrichiennes, espagnoles, italiennes et françaises. Les allemands de MAX BOGL, en collaboration avec ASTALDI (Italie) et CCCF (Roumanie) sont en train de construire l’autoroute Fetesti-Cernavoda, dans le cadre d’un contrat qui s’élève à 65 millions d’euros.

La même entreprise allemande a construit quelques segments d’autoroute en Pologne, alors que les espagnols de FCC construiront le passage Basarab à Bucarest et ont déjà finalisé le boulevard périphérique de Prague, en République Tchèque. Les américains chargés de l’autoroute de Transylvanie (l’entreprise BECHTEL) ont déjà construit en Croatie l’autoroute entre Split et Karlovac.

M. Radu BERCEANU, récemment nommé ministre des transports et des constructions, a mis en garde les entreprises qui construisent les nouvelles autoroutes en Roumanie : "Au début, le contrat prévoit une somme d’argent, une période et une certaine qualité de l’autoroute. Mais au fur et à mesure, la période se prolonge, la qualité baisse, et la somme d’argent augmente". En ce qui concerne l’entreprise BECHTEL, soupçonnée d’avoir été favorisée lors de l’obtention du contrat pour l’autoroute de Transylvanie, M. BERCEANU a affirmé : "Nous avons envie d’analyser les lobbies de Londres et Washington d’ici, de Cluj."

Les routes et les autoroutes, un problème partout en Europe

- Aujourd’hui en Europe circulent 270 millions de voitures, dont 80% dans les pays de l’Union européenne.
- Les voies ferroviaires et fluviales, à une époque primordiales pour le transport, ne représentent plus maintenant qu’une petite proportion.
- D’après les statistiques de la Commission européenne, trois quarts des transports des marchandises dans l’Union européenne et plus de 75 % des voyages s’effectuent en automobile, sur les routes.
- Malgré tout cela, les autoroutes européennes posent des problèmes aussi bien à Bruxelles que dans toutes les capitales du Vieux Continent. "Nous souffrons d’une grande baisse des investissements pour les routes européennes", a déclaré M. HALLEMAN, un représentant d’"European union road federation", un groupe de "lobby" présent à Bruxelles.
- Les investissements publics dans l’infrastructure ont considérablement baissé dans l’Union européenne, de 1,5 % du produit interne brut de l’UE dans les années ’80, à 1 % en 2004, ce qui représente une baisse de 95 milliards d’euros dans 25 ans.
- Cette baisse s’avère nos justifiée vu les 346 milliards d’euros représentant les frais payés par les chauffeurs de l’UE en 2004.
- L’intégration des 10 nouveaux pays en 2004 n’a fait que rajouter une complexité supplémentaire au problème déjà existant.
- Rien que dans ces dix derniers pays membres de l’Union européenne, 14.000 kilomètres d’autoroute seraient nécessaires (l’équivalent du réseau d’autoroute de l’Allemagne). (journaliste : Mme. Alexandra DIACONU).

"Pour faire venir les touristes, il est impératif d’avoir des bonnes routes"

La position géographique de la Roumanie, à l’intersection de plusieurs routes européennes, facilite l’accès avec tous les moyens de transport éxistants : l’avion, la voiture, le train ou le bateau. Mais pour arriver à une destination donnée, on est souvent obligé de contourner les trous et les ouvriers qui sont en train de réparer les routes.

Après tant d’années pendant lesquelles l’asphalte de Roumanie a englouti des millions d’euros, personne ne peut donner une explication logique quant à l’état pitoyable des routes roumaines. Et cela n’affecte pas seulement les voitures et les poches des roumains, mais aussi le tourisme.

"Les touristes se rendent facilement compte de la mauvaise qualité des routes. Pour se déplacer d’un endroit à un autre, il faut parfois mettre deux fois plus de temps que ce qu’il serait normal. Les autoroutes sont aussi importantes que les aéroports pour le tourisme. Elles lient les grandes villes et facilitent surtout l’accès aux objectifs touristiques", affirme M. Traian BADULESCU, le représentant de l’Association nationale des agences de tourisme de Roumanie (ANAT).

Beaucoup de routes, mais de très mauvaise qualité

D’après un rapport réalisé par le Conseil mondial du tourisme et des voyages, même si l’infrastructure du tourisme est bien développée en Roumanie, une modernisation et une amélioration significative restent indispensables.

Tout cela pour que le tourisme roumain puisse s’en sortir d’une situation très grave, chose signalée aussi par les grands opérateurs du tourisme international comme TUI, THOMAS COOK - NECKERMANN ou ITS. La réhabilitation des routes nationales et des autoroutes en Roumanie est d’autant plus importante que la majorité des visiteurs de notre pays y arrivent en voiture.

Des fonds européens en valeur de plus d’un milliard d’euros

Afin de permettre l’amélioration du réseau d’autoroutes de notre pays, des fonds consistants de l’Union européenne ont été alloués. Rien que pour la période 2007-2013, 1,26 milliards d’euros ont été planifiés pour le développement du réseau des routes. Même si la somme peut paraître grande, elle reste quand même insuffisante.

"Même si des investissements supplémentaires sont primordiaux, les principales routes qui sont généralement dans un bon état ne devraient pas servir d’excuse pour le retard dans le développement d’autres infrastructures dans certaines régions. Les améliorations apportées au réseau des chemins de fer aideront ainsi à débarrasser les routes régionales de liaison", montre le rapport.

Le fait que de nombreux touristes viennent visiter la Roumanie avec leurs voitures personnelles reflète la proportion des visiteurs provenant des pays voisins. Et leur nombre augmente d’une année à l’autre. A titre d’exemple, il est passé de quatre millions en 1999 à plus de cinq millions et demi en 2004.

En revanche, l’Institut national des statistiques montre que l’année dernière le nombre de personnes venues visiter la Roumanie en voiture a baissé jusqu’à quatre millions et demi, alors qu’il y a eu près de six millions de roumains qui sont partis visiter des pays étrangers en voiture.

L’absence d’autoroutes et la mauvaise qualité des routes nationales peuvent préjudicier à long terme le tourisme en Roumanie. Trouver des solutions à tous ces problèmes connexes au tourisme représente le seul moyen de continuer à faire tourner le tourisme en Roumanie.

Un manque important

"Les routes sont un moyen important de transport pour les visiteurs locaux. Le mauvais état des routes gêne énormément le développement du tourisme", met en évidence le rapport sus-cité.

Le Conseil mondial du tourisme et des voyages souligne aussi la nécessité d’amélioration des principales routes menant à la Mer Noire ou vers des villes comme Brasov, Sighisoara ou Sibiu.

Pour diminuer l’utilisation des routes régionales, elle-même un souci dans le développement du tourisme, les chemins de fer devraient aussi être réhabilités. Surtout parce que les objectifs touristiques se trouvent parsemés dans le pays, et donc il faut des routes pour y parvenir.

"L’amélioration des routes implique le développement du tourisme. J’ai rencontré beaucoup de touristes étrangers qui m’ont confiés que tout a été parfait sauf la qualité des routes. Ils disaient : ’Dommage que vous ayez de telles routes !’ Il s’agit surtout des touristes qui ont fait des visites dans des régions comme le Maramures, la Bucovine, et non pas de ceux qui sont allés sur la côte roumaine de la Mer Noire", affirme M. Train BADULESCU.

Le rapport précise que la capitale roumaine, Bucarest, deviendra aussi un objectif touristique grâce au tourisme d’affaires et aux conférences qui s’y organisent déjà et qui, avec l’adhésion à l’Union européenne, seront de plus en plus nombreuses.

Malgré tout cela, les routes de Bucarest sont toujours en travaux. "Je ne peux pas affirmer que la qualité des routes diminuera le nombre de touristes, mais surtout qu’elle ne l’augmentera pas", déclare un autre haut fonctionnaire roumain.


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