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Les craintes au sujet d’un flux majeur de travailleurs roumains et bulgares ne sont pas justifiées

Le  vendredi 18 janvier 2008
 

Bruxelles, 17 jan /Rompres/ - Après que la Roumanie et la Bulgarie soient devenues membres de l’Union européenne, on ne constate pas une migration de masse des travailleurs de ces pays, les craintes formulées avant le dernier élargissement au sujet de ce problème n’étant pas justifiées, selon un rapport élaboré par l’European Citizen Service (ECAS), rapporte EUOBSERVER.

"Le flux attendu de ressortissants roumains et bulgares à la recherche d’un emploi n’a pas eu lieu, tout simplement", relève-t-on dans le rapport cité, diffusé simultanément, le 15 janvier 2008, à Strasbourg, Sofia et Bucarest.

Cette organisation non lucrative siégeant à Bruxelles a publié deux autres rapports sur la mobilité des travailleurs des nouveaux États membres, en 2005 et 2006, après l’élargissement de l’UE en 2004.

Tout comme dans le cas des rapports précédents, l’ECAS constate que les mesures de transition, par lesquelles les anciens États membres de l’UE essaient de limiter l’immigration des travailleurs arrivant des nouveaux États membres, ont un effet réduit, voire elles n’ont pas effet du tout.

L’organisation souligne que ces restrictions "sont contraires à l’esprit des Traités fondateurs, notamment aux articles 12è et 18è relatifs à la lutte contre la discrimination sur le critère de la nationalité et à l’établissement d’une citoyenneté européenne".

L’auteur du rapport, Julianna Traser, souligne qu’un certain nombre de pays, notamment les anciens États membres de l’UE de la Mer Méditerranée, ont été confrontés à un flux important de travailleurs roumains et bulgares longtemps avant l’adhésion de ces pays au forum communautaire. Elle va même jusqu’à vouloir démontrer que la situation concernant les travailleurs bulgares et roumains n’a pas changé de façon significative depuis janvier 2007, ni dans le cas de ces pays, ni dans le reste de l’Europe.

Les programmes appliqués par la majorité des anciens États membres aux travailleurs roumains et bulgares sont similaires aux programmes visant les travailleurs des huit États membres de l’Europe centrale et de l’Est qui ont adhéré à l’UE en 2004. La Grande-Bretagne, dont les chercheurs affirment avoir bénéficié de l’immigration de la main d’oeuvre des pays ayant adhéré en 2004, a institué, toutefois, des restrictions sévères, afin de protéger son marché du travail des travailleurs de Bulgarie et Roumanie. D’autres États, comme l’Allemagne et l’Autriche, ont exprimé des inquiétudes, ayant l’intention de maintenir les restrictions sur le marché du travail. En Italie, les Roumains ont été confrontés l’automne dernier à une vague d’abus raciaux.

L’ECAS invite dans son rapport à "la consolidation immédiate de la situation des travailleurs des nouveaux États membres et à la conclusion des accords de transition". L’organisation recommande, également, "aux États membres d’harmoniser leurs régimes nationaux concernant les travailleurs bulgares et roumains et ceux des pays devenus membres en 2004 pour éviter les discordances et la dénaturation de l’image de l’Europe".

Présente au lancement du rapport au Parlement européen, l’europarlementaire roumaine Renate Weber a critiqué aussi bien la presse que la Commission européenne pour la façon dont les droits des ressortissants roumains qui travaillent à l’étranger sont respectés. Elle a déploré la manipulation exercée par la presse au moment où, se référant aux travailleurs roumains, elle les appelle des immigrés, bien qu’ils soient - depuis plus d’une année déjà - des citoyens de l’Union européenne et, partant, "on ne leur applique plus les règles relatives aux immigrés, mais celles qui portent sur la liberté de mouvement dans l’espace de l’UE". Les critiques à l’adresse de la Commission européenne ont visé le fait que l’Exécutif ne pense pas la création d’un portail offrant des informations, dans les langues officielles de l’UE, sur les conditions de travail et études dans tous les pays membres.


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