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Le système de la transition dans lequel l’économique contrôle le politique de façon non transparente doit disparaître de Roumanie, affirme Traian Basescu

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Bucarest, 4 mai /Rompres/ - La clef du pouvoir, de l’autorité d’un président est de ne pas outrepasser aux engagements qui l’ont propulsé à la fonction de président, selon Traian Basescu, qui s’exprimait dans une interview publiée vendredi par le quotidien Romania libera - la première interview accordée après la suspension de ses fonctions.

Traian Basescu affirme que lui-même ’’respecte ses engagements par attitude constitutionnelle’’. ’’Je ne serai jamais solidaire de ce qui est contraire aux engagements électoraux. Le président n’est ni gouvernement, ni parlement, mais il peut avoir des attitudes, des positions et il peut influencer par attitude publique l’accomplissement des engagements qu’il a eus lors de la campagne, tant que le gouvernement reste également solidaire aux engagements grâce auxquels il a accédé au pouvoir’’, souligne Traian Basescu.

Dans son optique, les services secrets ne sont pas impliqués dans l’actuelle confrontation politique. ’’Je crois qu’il y a là l’une des plus grandes réussites de mon mandat : que les services secrets restent en dehors du jeu politique, en dépit des efforts immenses de certains hommes politiques de les attirer dans la dispute politique. En réalité, des hommes politiques qui n’ont pas compris l’essence de la démocratie essaient d’acquérir un certain contrôle sur les services’’, affirme le président suspendu.

D’autre part, il faudrait éclaircir la dispute des palais ou la dispute des hommes politiques, relève Traian Basescu, tout en ajoutant que la dispute est un choc fort entre visions différentes. ’’Il y a des hommes politiques qui veulent consolider la façon de faire de la politique spécifique de la transition, et des hommes politiques, du côté desquels je me range, qui veulent un système différent. Le système de la transition dans lequel l’économique contrôle le politique de façon non transparente doit disparaître de Roumanie’’, souligne Traian Basescu.

Se rapportant à ses affirmations selon lesquelles le Premier ministre Calin Popescu-Tariceanu est ’’dépendant de l’influence des représentants du système oligarchique’’, Traian Basescu dit que le Premier ministre ’’a eu la chance d’être dépendant de ses propres engagements de la campagne’’, mais, ’’malheureusement, des amis de son entourage l’ont amené à changer son approche six mois seulement après la prise de ses fonctions’’. Une partie de ces amis - dit M. Basescu - sont des représentants de l’oligarchie que j’ai mentionnée, et d’autres amis ’’sont leurs serviteurs, car ils ont besoin de serviteurs’’.

Définissant l’oligarchie comme ’’un groupe restreint de personnes qui gèrent le pouvoir et les ressources dans leur propre intérêt, en faisant abstraction de l’intérêt publique’’, Traian Basescu dit que la liste des représentants de ce groupe est longue. A son avis, l’homme d’affaires Dinu Patriciu est un d’eux, ’’un représentant de l’oligarchie qui voit le capitalisme à travers le prisme du pétrole brut apporté de Russie et des exemptions de taxes au budget d’Etat’’.

Dans le contexte, le président suspendu déclare aussi qu’il ne protègera aucune personne ayant commis des actes illégaux qui se trouve dans son entourage, la voie vers le Parquet étant ouverte à quiconque viole la loi.

Traian Basescu dit avoir eu connaissance du fait que le système politique autochtone était miné à cause de la combinaison politique-affaires. ’’Je le savais dès la campagne, quand j’évoquais ’le système pourri’’’, dit-il, ajoutant qu’il savait ces choses depuis la période, également, où il était ministre des Transports (les années ’90- ndlr).

Il affirme avoir eu connaissance des pactes trans-partis, qui ne lui paraissaient pas, pourtant, tellement forts et ne pas avoir cru que la dépendance de certains leaders politiques envers des hommes d’affaires était tellement grande. "Après être devenu président, j’ai découvert qu’il s’agissait d’un système inexpugnable - envers lequel ou bien on fait des concessions, ou bien on lutte contre lui", a-t-il ajouté.

Traian Basescu rappelle qu’une fois devenu président de la Roumanie, il a essayé d’isoler la justice des influences politiques et d’utiliser tous les moyens de l’État afin que le Parquet puisse avoir accès aux preuves. "Ma première action après être devenu président a été de déclarer dans le Conseil suprême de Défense du Pays (CSAT -ndlr) qu’en Roumanie la corruption à haut niveau était une menace à l’adresse de la sécurité nationale. C’est pour cela qu’il y a ce terrible acharnement à obtenir le contrôle des services de renseignements", affirme M. Basescu.

Répondant à la question si des forces externes sont intervenues dans la confrontation politique interne, Traian Basescu affirme qu’"il y a des informations sur des structures externes qui ont été intéressées à déstabiliser la Roumanie et à la maintenir dans une zone grise, bien qu’elle soit devenue membre de l’OTAN et de l’UE". Le président suspendu suggère que dans la crise politique seraient intervenus "des structures externes intéressées à déstabiliser la Roumanie", ainsi que des personnages de l’étranger qui auraient pu influencer y compris le processus de suspension.

En ce qui concerne un agenda de réforme du système politique roumain, M. Basescu évoque la modification de la Constitution : "Nous avons besoin d’une Constitution qui crée les prémisses de la modernisation politique de la Roumanie, nous avons besoin d’une nouvelle classe politique et pour cela nous devons introduire le vote uninominal, bien qu’il ne soit pas la solution idéale" Nous avons besoin de décider par la Constitution sur le bicaméralisme ou bien sur le Parlement à chambre unique. La Roumanie, en tant que partie de l’UE, aura un parlement à Strasbourg, à chambre unique, qui s’exprimera au nom de l’Europe, et un autre parlement, à Bucarest, qui devra harmoniser ses points de vue avec le Parlement européen. C’est à cause de cela qu’une simplification de la structure politique interne pourrait être une solution d’accélérer la décision politique en Roumanie".

Son levier pour mettre en pratique cet agenda est en premier lieu le référendum, affirme M. Basescu. "Il faut s’habituer à travailler en faveur du peuple, consultant le plus souvent possible le peuple. En fin de compte, on évoque depuis 17 ans la souveraineté du peuple, mais on ne lui donne pas la chance de se manifester", affirme le président suspendu. Traian Basescu reconnaît avoir commis beaucoup d’erreurs. "J’accomplis de bonne foi les actions importantes. C’est vrai qu’entre deux actions réussies je fais des gaffes verbales. Je n’ai jamais préparé ma carrière politique, vous trouverez donc beaucoup de choses à me reprocher", a-t-il ajouté.

"De toute façon, ce référendum (le référendum concernant sa destitution, du 19 mai - ndlr) va montrer si je reste où non une solution pour les Roumains, et je considère cela avec tout le sérieux", a déclaré M. Basescu. Il affirme en conclusion que si les gens ne souhaitent plus qu’il soit président, alors il n’y aura plus que la variante du retrait définitif


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