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Le profit des films roumains en 2006 /analyse de la revue Capital/

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Bucarest, 14 fév /Rompres/ - Le cinéma roumain a obtenu de nombreux prix en 2006 dont il convient de noter la Caméra d’Or (pour début) remportée par Corneliu Porumboiu au Festival de Cannes, est-il dit dans le dernier numéro de la revue bucarestoise Capital.

La Roumanie a l’un des plus petits marchés de cinéma de cette région de l’Europe. Le numéro total de tickets vendus en 2006 s’est rapproché de trois millions. Dans ce contexte, faire du film en tant qu’affaire en Roumanie signifie assumer dès le début le risque d’être en perte. Les films ayant réussi à faire du profit sont très rares.

"Je pense que "La deuxième chute du Constantinople" a pu être un succès financier ; il a passé à son époque dans de nombreuses salles et a eu, je pense, plus d’un million de spectateurs", affirme Tudor Giurgiu, président de la Société roumaine de Télévision et réalisateur du film "Liaisons maladives". Un autre exemple pourrait être, selon M. Giurgiu, "12h08 à l’Est de Bucarest", le film de Corneliu Porumboiu, qui pourrait récupérer en grande partie l’investissement grâce aux recettes obtenues à l’étranger.

"Quant à mon film, j’ai eu la surprise de voir que j’obtiendrais beaucoup plus d’argent après la diffusion de l’étranger, ce qui n’est pas normal. Pourtant, il n’y a pas d’autre solution. Normalement, il faudrait gagner de l’argent grâce à la diffusion dans les salles", affirme M. Giurgiu.

Situé deuxième dans le classement des préférences du public roumain, après avoir remporté de nombreux prix, "Comment j’ai passé la fin du monde" (coproduction Roumanie-France à 60 pc -40 pc), a coûté 1 500 000 euros. Environ un tiers du budget est provenu du Conseil national de la Cinématographie (CNC) et d’Eurimages. Le reste des coûts a été assuré, en argent comptant ou en nature (services ou équipements), grâce à des sources privées, en grande partie occidentales, explique Daniel Mitulescu, producteur du film et frère du réalisateur Catalin Mitulescu.

Il y a aussi des producteurs qui n’ont pas utilisé les fonds du CNC. C’est le cas de Corneliu Porumboiu, avec "12h08 à l’Est de Bucarest". "Le film a coûté 220 000 euros et les fonds sont provenus de mes ressources, des sponsorisations et de ma famille, qui m’a beaucoup aidé", explique Corneliu Porumboiu. La chance du jeune réalisateur a été que son père, l’ancien arbitre de football Adrian Porumboiu, est aujourd’hui un prospère homme d’affaires. En l’absence d’un tel soutien financier, le tournage aurait été reporté peut-être ou il n’aurait pas eu lieu.

À l’exception des coproductions, les budgets des films roumains financés par le CNC varient entre 1,2 millions de lei ("Liaisons maladives") et 2,87 millions ("Le papier sera bleu"), la moyenne étant d’environ 2 millions de lei, dont le CNC accorde, en général, un peu plus de 900 000 lei.

Après avoir enregistré des pertes pendant des années, la cinématographie roumaine semble capable d’apprendre ce que le profit est. Les vraies recettes seront apportées par les spectateurs de l’étranger. La firme qui présenetra le film dans 25 pays a garanti un minimum de recettes de 40 000 euros. Selon les premières estimations, cette somme sera légèrement dépassée. Les droits de diffusion à la télévision s’y ajouteront. La vente des DVD pourrait apporter elle aussi des revenus.


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