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Le milieu économique réagit avec modération à la suspension du président Basescu

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Bucarest, 20 avr (Rompres) - Les affaires continueront leur cours, sans tenir compte de la suspension du président Traian Basescu, écrit ce vendredi le journal bucarestois Ziarul Financiar, selon lequel des investissements de centaines de millions d’euros dans le secteur immobilier et la production ont été annoncés dans la seule journée de jeudi, 19 avril. Le milieu économique réagit avec modération à la décision du Parlement de suspendre de sa fonction le président Basescu, les managers et les analystes anticipant des effets mineurs, surtout à court terme.

Malgré le conflit politique déclenché en 2005 entre le président Basescu et le Premier ministre Calin Popescu-Tariceanu, la Roumanie, rappelle l’article, est entrée dans l’Union européenne (UE) et l’économie a enregistré une croissance importante, grâce surtout aux investissements et à la consommation, encouragés par le taux unique d’imposition, soutenue par ceux qui ont gagné le pouvoir en 2005 - le président Basescu et l’Alliance DA (Dreptate si Adevar, Justice et Vérité - ndlr), composée du Parti national libéral (PNL, au pouvoir) et le Parti démocrate (PD, à présent en opposition). Les décisions visant le niveau de la fiscalité, probablement la principale crainte des investisseurs en cas de changement du pouvoir, ne sont pas l’apanage du président, qui n’a pas de pouvoir de décision économique.

Le marché des devises a réagi au moment de la publication de l’information concernant la suspension du président, mais les cotations se sont rapidement stabilisées, dans le contexte où la situation avait été prévue. Le taux de change a rapidement augmenté de 3,3350 à 3,3420 lei pour un euro. À partir de ce niveau, cependant, des ordres de vente d’euros ont apparu, y compris de la part des investisseurs étrangers, de manière que la monnaie européenne est revenue à 3,3360 lei, avant la clôture du marché.

"La réaction du marché était prévisible, la décision du Parlement étant anticipée par les opérateurs", selon Dragos Balaci, courtier en chef à ABN Amro Bank Romania. Selon les brokers, si des complications n’apparaissent pas sur la scène politique, des évolutions significatives ne seront pas enregistrées les jours suivants.

Les marchés boursiers ont baissé jeudi, d’une façon assez peu convaincante, pendant les débats parlementaires et le vote, ainsi qu’après l’annonce des résultats. La bourse de Bucarest a ouvert la séance avec une baisse importante, générée par Petrom, sous l’influence des informations sur le budget de cette compagnie pour l’année 2007 et la mise en vente de 8 pc des actions, informations présentées le jour précédent. Après la baisse à l’ouverture, la plupart des actions ont connu une hausse, récupérant une grande partie de la baisse. L’indice BET, qui perdait 2,2 pc lors de l’ouverture, a fini la journée avec 1 pc de moins par rapport à mercredi, 18 avril.

"La décision de suspension aura une influence négative à court terme sur le marché. Cependant, à moyen terme, la tendance sera toujours donnée par les facteurs économiques", affirme l’analyste Adrian Danciu de Broker Cluj.

La vie économique continue son cours, même si la suspension du président est un signal négatif pour les investisseurs, a déclaré le directeur de l’Institut de Prévision économique de l’Académie roumaine, Liviu Albu. "La tendance économique ascendante a sa propre inertie. C’est important que la période trouble ne dure pas longtemps et qu’elle n’affecte pas les institutions liées à l’économie, tel le gouvernement", a-t-il ajouté.

Le poids majoritaire du secteur privé dans l’économie limite les implications de l’instabilité politique, bien que celle-ci puisse provoquer un engourdissement voire des blocages au niveau de l’administration publique et des projets d’investissements financés par l’État.

Il y a à présent en Roumanie une séparation nette entre l’activité économique et l’activité politique, relève le président du groupe Mobexpert, Dan Sucu, selon lequel la décision concernant la suspension du président Basescu n’aura pas d’influence sur le milieu économique. "Toute intervention du politique dans l’économie est inconcevable", a-t-il ajouté.

L’économiste en chef de l’ING Bank, Florin Citu, est d’avis que les éventuelles réticences à investir en Roumanie pourraient se manifester chez les investisseurs de portefeuille plutôt que chez les investisseurs à long terme.

Les analystes politiques prévoient une plus grande volatilité sur le marché des devises et sur le marché boursier. Ils affirment cependant qu’une éventuelle baisse des notes accordées par les agences de notations à la Roumanie pourrait être provoquée plutôt par le déficit externe, qui connaît une hausse galopante, que par la situation politique.


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