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Le gouverneur de la BNR, Mugur Isarescu, mise sur le leu

Le  vendredi 25 janvier 2008
 

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Bucarest, 24 jan (Rompres) - Le gouverneur de la Banque nationale de Roumanie (BNR), Mugur Isarescu, a affirmé qu’il misait toujours sur la monnaie nationale, le leu, qui a subi récemment une dépréciation continuelle par rapport à l’euro.

Le seuil de 3,7 lei pour 1 euro a été atteint au début de 2008, après une forte appréciation du leu pendant le printemps et l’été de 2007 (le taux de change était de 3,1112 lei/euro en juillet 2007).

Dans une interview accordée au journal bucarestois Bursa, M. Isarescu a déclaré qu’il misait toujours sur le leu, car "tous ceux qui font des épargnes en lei ou des emprunts dans la monnaie nationale sont protégés contre le risque de change".

Selon lui, la recommandation "Faites des épargnes en lei" est vieille de plusieurs années, et il est évident que ceux qui l’ont suivie ont gagné. Le calcul doit être fait pour des périodes plus longues, non pas pour de courtes périodes. Ceux qui misent sur une monnaie, et ensuite sur l’autre, assument des risques et entrent dans "le système de loterie", aux résultats incertains, a-t-il averti.

"Depuis longtemps la BNR avertit du risque de change, et du fait que tant pour les épargnes, mais surtout pour les crédits, ceux qui entrent dans un pareil jeu assument des risques. Les emprunts ou les épargnes en devises sont des libertés demandées et données aux citoyens de la Roumanie après 1990. Je serais affecté si de pareilles libertés, que la BNR a soutenues avec acharnement, se retournaient, à présent, contre nous, comme un reproche", a affirmé le gouverneur de la BNR.

D’après M. Isarescu, la recommandation "Faites des épargnes en lei" n’était pas l’équivalent de l’idée que le taux du leu pourrait avoir une croissance continuelle en termes nominaux, aucun employé de la BNR n’ayant jamais affirmé cela. Par contre, la BNR a averti sur la volatilité et les variations du taux de change, qui peuvent être parfois excessives.

"Tant que nous avons en Roumanie une inflation plus grande que celle de la zone euro, bien que le taux de change nominal soit stable, inchangé, nous avons toujours une appréciation cyclique. L’appréciation réelle peut coexister avec un mouvement cyclique : cycles de 2 ou 3 ans d’appréciation, suivis de dépréciation et de nouveau d’appréciation, jusqu’au moment où l’on atteint un niveau d’équilibre", a-t-il précisé.

L’économie mondiale traverse une période de turbulences, a rappelé M. Isarescu, ajoutant : "Bien que je ne voie pas la Roumanie ressentir directement l’impact de la crise des crédits subprime des États-Unis, on peut déjà observer l’impact indirect : le sentiment des investisseurs à l’égard de la Roumanie a changé, les rapports de pays et les notations de la Roumanie ont acquis parfois un caractère très pessimiste".

Selon M. Isarescu, la BNR n’agrée pas les grandes variations du taux de change. L’appréciation exagérée du taux de change, le printemps et l’été de 2007, a été combattue par la BNR tant verbalement, que par des baisses significatives des taux d’intérêt (corroborées, évidemment, avec la baisse de l’inflation), ces mesures tempérant l’appétit pour l’appréciation du leu.

"Rétrospectivement, je ne peux pas rejeter les points de vue exprimés récemment, selon lesquels il aurait été préférable que l’appréciation nominale du leu ne dépasse pas le niveau de 3,3 pour 1 euro. Nous avons assumé cependant les risques associés à la libéralisation totale du compte de capital", a ajouté M. Isarescu.


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