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La Roumanie traverse une période de grands espoirs, déclare l’ancien secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Henry Kissinger

Le  lundi 17 décembre 2007
 

Bucarest, 17 déc /Rompres/ - La Roumanie est un pays dynamique, orienté vers l’avenir, déclare l’ancien secrétaire d’Etat des Etats-Unis d’Amérique, Henry Kissinger, dans une interview au quotidien bucarestois Romania Libera.

"Je pense que la Roumanie traverse une période de grands espoirs", dit Henry Kissinger, qui a effectué ces jours-ci une visite à Bucarest, la troisième après celles de 1969 et 1975.

L’ancien secrétaire d’Etat américain a évoqué le rôle du dirigeant roumain Nicolae Ceausescu sur la scène politique internationale des années 70, quand les Etats-Unis ont appelé à la Roumanie afin de réaliser une politique d’ouverture vers la Chine, laquelle était censée faire diminuer l’influence de l’URSS.

En se référant à sa visite à Bucarest, en 1969, en compagnie du président américain Richard Nixon, Henry Kissinger a relevé que c’était la première qu’un président américain faisait dans un pays membre du Pacte de Varsovie.

"Il nous semblait que la Roumanie voulait mener une politique d’indépendance. Aussi avons- nous essayé à l’époque d’empêcher l’Union soviétique d’appliquer la doctrine de Brejnev dans le monde entier. C’était la raison pour laquelle nous étions bien intéressés à établir des relations avec la Chine (...). Il nous fallait une tierce partie jouant le rôle d’émissaire. Et Ceausescu a transmis notre proposition", a montré Henry Kissinger.

Il a précisé que les Etats-Unis considéraient à l’époque que Ceausescu visait à ne pas permettre à l’Union soviétique de faire à la Roumanie ce qu’elle avait fait à la Hongrie et la Tchécoslovaquie et, de même, à conférer à la Roumanie une importance plus grande qu’elle n’avait en tant que membre du Pacte de Varsovie.

Et il a accompli ces faits avec beaucoup d’adresse et avec un certain courage, poursuit M.  Kissinger, rappelant que le gouvernement de Bucarest, attendant la visite de Richard Nixon, avait décidé de reporter d’une semaine le congrès du Parti communiste roumain (PCR), où le président soviétique Léonid Brejnev devait participer en qualité d’invité.

"Ce fut une forte démonstration d’indépendance", explique Henry Kissinger, à l’avis duquel le secrétaire d’Etat américain James Baker a commis une erreur en invitant l’URSS à faire usage de force militaire pour intervenir dans les problèmes internes de la Roumanie, lors des événements de décembre 1989 (qui ont conduit à la chute du régime communiste, ndlr).

Revenant au présent, Henry Kissinger estime que la Roumanie sait le mieux quelle position adopter dans sa politique extérieure.

"Je ne pense pas que la position d’arbitre entre la Russie et les Etats-Unis doive entre l’objectif principal de la politique étrangère roumaine. Le statut d’émissaire ou d’arbitre est utile lorsqu’il n’y a pas de relations directes, ou bien, quand les deux parties font confiance à la tierce. Mais ce n’est pas le cas entre les Etats-Unis et la Russie", soutient l’ancien secrétaire d’Etat américain, lauréat du Prix Nobel de la Paix (1973).


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