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La Roumanie - survol général


Le  lundi 1er mars 2004

par Florin CONSTANTIN

Tout le monde en parle : investir à l’étranger, investir en Europe de l’Est, investir en Roumanie... Tout le monde en parle : pour et contre. Mais plutôt où et par qui a mon avis. La Roumanie est un pays européen, qui n’est pas encore dans l’Union Européenne, mais veut ardemment l’être le plus tôt possible (en 2007 d’après les officiels de Bruxelles) et sur lequel de plus en plus de regards d’entrepreneurs occidentaux se tournent ces derniers temps. Je ne veux pas vous donner ici un descriptif statistique de la Roumanie ; vous êtes sur Internet, des pages avec des présentations générales, des chiffres et des comparatifs fleurissent à tous les pas. Je vais plutôt essayer de vous donner un argument informel pour aller faire des affaires en Roumanie, Je m’efforcerai d’aller au-delà des chiffres, pour jeter, ensemble avec vous, un regard critique sur ce pays. Car pour moi la critique n’est pas démolir, mais distinguer pour profiter pleinement ensuite.

D’abord je ne peux pas commencer sans m’attaquer à quelques préceptes qui tournent autour de cette problématique et qui, par méconnaissance ou malveillance, rendent illisibles les opportunités qu’offre la Roumanie :

a) La notion de "délocalisation" : il faut avouer que le terme a perdu de sa neutralité de terme de technique économique de nos jours. Il y a des forces politiques en occident qui condamnent la pratique des entreprises d’aller ailleurs pour effectuer une même activité qu’avant leur départ. Sur presque toute l’étendue de l’échiquier politique on s’accorde à dire que les acteurs économiques qui délocalisent ont un comportement "immoral" : quelques uns disent que cela équivaut à une "trahison" des ouvriers qui se transforment en chômeurs pour une question de performance financière, d’autres pensent qu’il s’agit d’une fuite des acteurs économiques ce qui affaiblit le tissu économique du pays quitté. Je n’entrerai pas dans cette polémique qui, pour moi, est sans issue, car celui qui perd son emploi ne pourra jamais être convaincu que son patron qui a délocalisé l’a fait pour des bons raisons et celui qui délocalise son entreprise ne pourra jamais être arrêté d’œuvrer là où il veut, s’il sent que cela va pérenniser son initiative économique.

Je suis convaincu que le terme même de "délocalisation" est inexact. Une entreprise n’a pas une location par définition (car ce n’est pas un arbre qui ne peut pousser que là où il est né) d’où, si elle partait, elle serait en train de "dé-localiser". Le terme est tendancieux et ne me plaît guerre. Je parlerai ensuite de "création d’activité à l’étranger", en l’occurrence en Roumanie, pour inclure aussi ceux qui ne ferment pas une usine pour la refaire en Roumanie et ceux qui étendent leur activité pour conquérir un nouveau marché plus à l’est du continent, sans pour autant négliger leurs activités en France. En plus, le commerce est une énorme "délocalisation" en soi, car on délocalise des produits et des sommes d’argent pour mieux assurer les besoins de nos Etats dont les populations sont sédentaires depuis des centaines d’années (et qui ne sont plus d’humour à aller chercher par eux même le fruit tropical dans les îles de l’Océanie par exemple). De mon expérience, et des économistes reconnus internationalement le confirment, les seules charges fiscales et sociales ne sont pas suffisantes pour justifier un départ pour des horizons plus permissifs administrativement. Il y a plusieurs raisons à cela : premièrement celui qui n’a que ces deux incitations pour entreprendre ailleurs n’est pas compétitif localement, car si ses concurrents autochtones produisent moins cher, ce n’est pas en ayant d’autre tarifications fiscales plus clémentes ou des ouvriers moins bien payés ; deuxièmement un pays qui jouit d’une main d’œuvre moins chère est très susceptible d’avoir une administration moins performante, moins rapide et plus susceptible d’une corruption "de guichet". En plus, le pays dont le marché ne se permet de payer ses ouvriers qu’à 15% de ce qu’on les paye normalement plus à l’ouest est moins préparée financièrement pour assurer un développement uniforme et moderne de son infrastructure. Ensuite, ce qu’on peut épargner au niveau fiscal et social est souvent dépensé dans la re-création effective (bâtiments, terrains, frais de recrutement, frais administratifs de création de la personne morale etc.) de l’entreprise dans le pays d’accueil, dans le développement d’un réseau de fournisseurs fiables, dans des frais de transport (si activité d’export envisagée), dans des taxes douanières etc. De ce point de vue une PME paraît définitivement forclose à entamer une démarche d’implantation plus à l’est. Je ne suis pas de cet avis pessimiste et je suis convaincu que ce n’est pas que les multinationales qui se permettent de se développer à l’international. Je suis même convaincu que la petite et moyenne initiative doit être le moteur des investissements internationaux car l’utilisation des fonds est plus judicieuse, l’expertise est plus contrôlable à l’échelle humaine, moins onéreuse et enfin le développement durable (dans le respect de l’environnement et de la main d’œuvre) a plus de chances d’être effectivement appliqué.

Donc pour investir en Roumanie IL FAUT un REEL PROJET INDUSTRIEL qui puisse envisager le marché local comme source de profitabilité. Il faut avoir la même approche que celle vis-à-vis de toute création d’entreprise : il faut avoir une place sur le marché, une originalité ou une qualité à part en tant qu’argument contre la concurrence, des salariés compétents et une technologie moderne comme moyen de production.

L’investissement français (ou occidental en général) peut s’avérer une initiative plus profitable du point de vue de l’économie qui fournit le capital initial que d’autres formes de défiscalisation par le placement en actions par exemple. Alors qu’à l’origine l’Etat français, par exemple, voulait arrêter l’hémorragie capitalistique en défiscalisant la décision de l’épargnant privé de bloquer son capital pendant une assez longue durée en actions, l’évolution boursière récente a montré la profitabilité limitée d’une telle initiative. Dans mon opinion, l’investissement à l’étranger a l’avantage d’être plus contrôlable (car il s’agit d’une entreprise dont la réalité ne fait pas de doute) qu’un investissement boursier qui est soumis à des fluctuations mondiales qui occultent souvent la prédictibilité à long et moyen terme. On peut rajouter des statistiques qui démontrent que la majorité des investisseurs occidentaux dans les pays de l’est ne changent pas de foyer fiscal, donc leur profits réalisés lors de l’activité à l’est retournent tôt ou tard dans les pays d’origine. S’agissant souvent de profits conséquents (commerciaux ou industriels) par rapport aux investissements initiaux, ces sommes, du point de vue de l’Etat de provenance de l’investisseur, sont plus intéressantes fiscalement en fin de compte que des immobilisations à moyen terme, partiellement défiscalisées et peu motivantes pour l’épargnant vu les taux d’intérêt souvent symbolique, de l’ordre de quelques pourcents. On peut ainsi difficilement admettre que ces investissements sont contraires aux intérêts économiques ou fiscaux des Etats dont les économies nationales fortes, comme celle française, peuvent en faire proposition.

b) Ensuite il convient de mettre une fin cette inadvertance qui ne cesse pas de m’étonner par la récurrence avec laquelle elle revient sur les lèvres des investisseurs occidentaux parlant ou plutôt s’imaginant la Roumanie : "la Roumanie est un pays bon marché au niveau de la main d’œuvre mais il y a beaucoup de corruption". La formule exacte serait pour moi : "meilleur marché que certains pays concernant la main d’œuvre, mais avec une administration qui reflète une économie moins développée que dans certains autres pays". La main d’œuvre n’est pas gratuite en Roumanie si elle est compétente, alors que la corruption n’est pas une règle générale, loin de là. Il y a des lenteurs qui souvent sont plus nuisibles que les dessous de table. Mais cela parce que le fonctionnaire roumain est encore souvent obligé de traiter les formalités sur du papier et non pas par des systèmes informatiques en temps réel et parce qu’il est très mal payé (le plus souvent) et de manière forfaitaire. Ce qui ne l’incite pas à être opératif dans son travail. Toutefois ces problèmes varient en intensité d’une zone à autre, d’un interlocuteur à autre et d’une attitude d’un investisseur à l’autre. Il faut avoir un minimum de flexibilité pour comprendre les aléas d’un marché qui se trouve en cours de coagulation pour apercevoir les avantages d’être présent dans un contexte de faible concurrence et dans un pays où tout est à refaire. Le résultat du bilan coûts-avantages doit seul décider l’opportunité d’une éventuelle création d’activité. JE SUIS LA justement pour vous aider à vous organiser afin de tirer un maximum de profitabilité de votre présence en Roumanie.

Une dernière précision c’est que je m’adresse aux créateurs français (ou francophones) d’entreprises désirant s’informer sur la Roumanie et non pas aux recruteurs, en l’espèce des sociétés françaises (ou francophones) désirant employer des ouvriers roumains en France. Certains pays comme la France ont une politique très restrictive en matière de travail non qualifié en provenance des pays tiers à l’Union Européenne ce qui transforme ce type de démarche dans une question de pure bureaucratie qui, à mon avis, est improductive et inintéressante. En plus, des recruteurs français de taille comme Adecco sont présents déjà à Bucarest et n’ont pas une activité foisonnante de recrutement non qualifié pour la France, ce qui démontre les limites de la faisabilité de telles initiatives dans l’état (administratif) actuel des choses.


Passons maintenant à un regard critique sur la Roumanie. Je supposerai que vous avez quelques données sur le pays pour passer à une analyse qui puisse illustrer les atouts de ce pays. Il y a plusieurs intérêts relevants pour un investisseur ciblant la Roumanie :

1. Un intérêt stratégique

La Roumanie a une position stratégique qui est susceptible à la transformer dans une "tête de pont" pour une ouverture ultérieure sur toute la région. L’intérêt vient des différences entre la Roumanie et ses voisins et des inégalités entre les voisins eux mêmes concernant :

- le stade d’adhésion à l’Union Européenne ;

- le développement intrinsèque des économies en présence ;

- les différences démographiques marquées ;

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Le tableau ci-dessus démontre bien que la Roumanie a accumulé du retard dans l’absorbtion des capitaux étrangers par rapport aux pays voisins. Il y a encore de la place en Roumanie, et du point de vue commercial, et du point de vue de la main d’oeuvre, pour des nouveaux investissements profitables.


Population des pays ci-dessus - estimation 2004 (source CIA - World Factbook)

Bulgarie : 7,517 millions d’habitants

Croatie : 4,496 millions d’habitants

Republique Tchèque : 10,246 millions d’habitants

Hongrie : 10,032 millions d’habitants

Pologne : 38,626 millions d’habitants

Roumanie : 22,355 millions d’habitants

Slovaquie : 5,423 millions d’habitants


Investissements directs étrangers dans les pays ci-dessus entre 1990 et 2002 (source FMI)

Bulgarie : 4,588 milliards de dollars

Croatie : 7,428 milliards de dollars

République Tchèque : 37,652 milliards de dollars

Hongrie : 24,787 milliards de dollars

Pologne : 50,521 milliards de dollars

Roumanie : 8,821 milliards de dollars

Slovaquie : 10,063 milliards de dollars


Ainsi, à l’ouest, la Roumanie ( 22 millions d’habitants) s’avoisine avec la Hongrie ( 10 millions d’habitants), pays ayant adhéré à l’Union Européenne au 1er mai 2004. Après cette date, le flux de marchandises en provenance de la Roumanie et en direction de l’Union Européenne est encore plus facilité au niveau de la rapidité du transit (une seule frontière à franchir pour arriver en UE) et des conditions douanières (la Roumanie bénéficiant déjà d’un régime douanier allégé dans ses relations avec l’UE). La Hongrie est un pays qui a rattrapé une bonne partie de son retard économique et d’infrastructure par rapport aux pays occidentaux. Elle est certainement plus développée économiquement que la Roumanie, mais le marché commence à devenir de plus en plus disputé par des grandes initiatives privées étrangères qui ont segmenté et structuré ce marché en lui ôtant en quelque sorte le dynamisme des années 1995-1999.

Au sud-ouest, la Roumanie a frontière commune (sur le Danube) avec la Serbie ( 10,5 millions d’habitants), pays qui suite aux guerres répétées a pris un certain retard dans les négociations avec l’Union Européenne. Toutefois la Serbie (et le Monténégro) reste un marché presque vierge à l’initiative privée étrangère et qui nécessitera des grands efforts financiers pour reconstruire son économie (autour d’un réseau d’autoroutes qui demeure cependant correcte).

Au sud, la Roumanie s’avoisine avec la Bulgarie ( 7,5 millions d’habitants). Ce pays a encore du mal à démarrer économiquement, car il a un produit intérieur brut comparable à celui de la région lyonnaise en France. Toutefois il dispose d’un potentiel touristique qui revient parmi les préférences des touristes étrangers, notamment les allemands. Concernant l’intégration dans l’Union Européenne, la Bulgarie a la tendance de prendre un certain avantage par rapport à la Roumanie. A mon avis c’est un faux problème, dû essentiellement à une meilleure perception de certains politiciens bulgares libéraux, mais qui ont du mal à faire démarrer les réformes économiques internes. La Bulgarie est une importante zone de transit commercial depuis la Turquie et la Grèce, vers les pays de l’Europe Centrale et même occidentale. La Roumanie en assume l’essentiel de ce trafic routier notamment à cause de la situation instable en ancienne Yougoslavie qui constituerait la voie la plus courte vers le cœur du continent. La plupart de la frontière commune est représentée par le Danube.

A l’est, la Roumanie jouit d’un littoral de 225 kilomètres avec la Mer Noire qui offre une ouverture vers la Mer Méditerranée, vers les pays de l’Asie Centrale, conserve des ressources exploitables de pétrole et pourra constituer un axe d’acheminement du pétrole caucasien vers le reste de l’Europe (pipeline).

Au nord-est, en la personne de la Moldavie ( 4,5 millions d’habitants) et au nord, avec l’Ukraine ( 48 millions d’habitants), la Roumanie a deux voisins issus de l’ancienne Union Soviétique. A part le gel commercial quasi-total entre les trois pays, rien d’intéressant pour le créateur de filiales n’est à signaler. Sauf, peut être, l’observation essentielle constatant que les acteurs économiques du marché roumain tournant leurs regards avec obstination vers l’ouest, oublient avec légèreté l’énorme potentiel du marché de l’ancienne URSS qui, jusqu’en 1989, absorbait sans difficulté la quasi-totalité de la production roumaine de meubles, électroménager et plus généralement de biens de consommation ménagère. Des réticences historiques sont à vaincre par des initiatives commerciales et industrielles transfrontalières visant un des marchés de consommation qui s’annonce parmi les plus dynamiques du XXIème siècle : la Fédération russe et les Etats adjacents.

Du point de vue de la nature de l’investissement, la spécificité des économies décrites ci-dessus, et de la Roumanie en particulier, c’est qu’il faut généralement envisager une implantation de A à Z. Il n’y a que très peu de reprises d’entreprises (des sociétés d’Etat et encore moins des sociétés privées) possibles et/ou rentables (à cause des dettes très importantes des anciennes entreprises d’Etat envers le budget et les créditeurs privés, des intérêts déjà présents autour des privatisations rentables, de la présence d’espaces de production faisant l’objet de gage bancaire, des effectifs souvent disproportionnés de salariés à assumer etc.). Ensuite, le gouvernement roumain dispose de peu de fonds à allouer aux entreprises en formation et les crédits disponibles sur le marché bancaire privé n’envisagent pas l’investissement en capital risque, mais seulement le financement des dettes "en bas du bilan" (à caractère commercial/transitoire). Il est important ainsi que le projet de l’investisseur étranger en Roumanie comporte, outre la création d’activité proprement dite, une source suffisante de financement indépendant du marché roumain. Le créateur étranger doit apporter un investissement complet : SAVOIR FAIRE + ARGENT.

2. Un intérêt industriel

L’intérêt industriel de la Roumanie est tout d’abord le désir ardent de la population d’avoir une situation professionnelle stable ; le travail dans une entreprise étrangère est le désir suprême de tout roumain, jeune ou mature. Viennent ensuite la relative abondance des ressources naturelles et foncières, ainsi qu’une certaine aisance administrative dans la création de sites industriels "green field" (à partir de zéro) dans des régions défavorisées du pays. Il y a également un potentiel réel de population disponible sur le marché du travail ayant une culture, une spécialisation et une expérience industrielles préalable. Toutefois, une bonne création d’activité en Roumanie suppose un recrutement préalable sérieux et professionnel des collaborateurs.

Pour les projets industriels d’envergure, le tissu économique de plus en plus dense du pays permet l’établissement assez rapide d’un réseau de fournisseurs et de sous-traitants et notamment une fidélisation commerciale et industrielle de ceux-ci. L’abondance de petites structures à la recherche de contrats stables pour se pérenniser est un vrai avantage.

L’intérêt industriel de la Roumanie est d’un côté passif, par ce dont le pays a besoin comme investissements industriels pour combler certaines lacunes, mais aussi actif, en ce qui concerne le besoin réel de savoir faire et d’expertise apporté par des créateurs occidentaux.

3. Un intérêt technologique

Cet intérêt se manifeste essentiellement par l’abondance d’une population jeune, familiarisée et souvent suffisamment spécialisée dans les nouvelles technologies (informatique, communications mobiles etc.). Les jeunes dont l’enseignement est souvent bilingue ou trilingue constituent une masse abondante et qualitative de recrutement pour les domaines tangents aux nouvelles technologies comme la sous-traitance de services de type "hot line" à distance. Une tradition existe également en Roumanie dans le domaine de la recherche biotechnologique et chimique.

Au niveau technologique l’intérêt du pays est passif, en ce qu’il a besoin de nouvelles technologies de recherche ou productiques (pour la mise à jour du parc industriel), mais aussi actif, par la haute valeur humaine ajoutée présente dans ces domaines de pointe sur le marché du travail (à des coûts relativement bas, mais sans pour autant dérisoires).

4. Un intérêt commercial

C’est le domaine où on rencontre le plus d’initiatives occidentales privées en Roumanie. Au début des années 1990, le marché roumain fut avide de produits sans faire de discriminations qualitatives, aujourd’hui la présence des grandes marques de la distribution a induit une conscience critique chez le consommateur roumain. Il y a un besoin réel de produits qualitatifs, qui doivent s’assortir de rendements et garanties au niveau européen. On s’est rendu dernièrement compte du retard de la société roumaine à s’aligner sur une vision du service en tant que moteur de la consommation. Des formules de marketing ou de services aux personnes qui ont fait leurs preuves à l’étranger restent inconnues au marché roumain. L’expérience a démontré que malgré le pouvoir d’achat relativement réduit de la population, créer un besoin sur le marché peut suffire pour attraire une clientèle conséquente qui n’en avait pas auparavant la conscience.

Le commerce avec la Roumanie a également deux perspectives intéressantes. Du point de vue passif, le marché de plus de 20 millions d’habitants requiert des produits qualitatifs et des systèmes de logistiques et de distribution fiables. Dans l’optique active, la Roumanie peut être source de produits qualitatifs très intéressants de par leur prix pour le consommateur occidental. Il y a néanmoins, dans la perspective d’un projet visant l’exportation vers la France ou d’autres pays occidentaux, la nécessité de calibrer les volumes de marchandises ainsi que les modalités de transport envisagées en fonction de la distance géographique (2300 km entre Lyon et Brasov, au centre du pays, par exemple). En général on observe une grande aisance des fournisseurs roumains à s’adapter à des normes de qualité très strictes et à travailler selon les besoins des clients, mais il faut savoir qu’une certaine époque où on pouvait entreprendre ou négocier des contrats de fournitures avec 100 ou 1000 euro dans la poche est à jamais révolue.

5. Un intérêt agricole

L’intérêt agricole est certain, car l’agriculture est complètement détruite (surtout l’infrastructure) et émiettée d’un point de vue de la rentabilité et de l’exploitation intensive. Tout est à refaire dans une agriculture qui subit de plein fouet le dumping des marchés à moindre potentiel comme la Hongrie et qui, une fois, était appelée le "grenier des Balkans". Les conditions fiscales favorables à la propriété foncière (pas d’impôt sur le terrain agricole) et la disponibilité de terrains de bonne qualité sur le marché à des prix souvent dérisoires (à partir de 200 euros net par hectare dans certaines zones) offrent les prémices de bons investissements qui doivent toutefois être financièrement calibrés à moyen terme. L’industrie agro-alimentaire est également un domaine à fort potentiel commercial, mais la concurrence qui s’y enregistre devient une des plus acerbes.

6. Potentiel touristique

Il y a un excellent potentiel, car la Roumanie dispose de montagnes et d’un littoral situés à proximité et dont les paysages sont assez bien conservés. Toutefois le point qui commence à être exploité avec succès dans une perspective européenne est le tourisme agro rural et l’écotourisme, car il répond à un besoin de l’homme occidental d’effectuer un retour aux origines, au terroir, en guise de réponse au stress quotidien. La constitution d’un réseau sérieux d’hébergement chez l’habitant ou dans des pensions familiales est un des domaines les plus développés, à travers des financements européens notamment.

Voici un survol de mes points de vue sur la Roumanie d’aujourd’hui. Je m’efforce toujours à demeurer sur une position critique. Certains de mes propos peuvent paraitre injustifiés au premier regard, mais le temps et l’espace limités me forcent à faire un tri parmi mes connaissances. Toutefois je reste à votre disposition pour particulariser d’avantage les réalités du domaine que vous ciblez. A cette analyse primaire s’ajouteront certainement d’autres observations plus ou moins générales et informelles que j’écrirai ici, selon les tendances et les points d’interrogation qui s’affirmeront dans la section des annonces de ce site.

CONCLUSION

En un mot, la Roumanie c’est un pays intéressant sous l’angle des investissements directs, mais l’exploitation de son potentiel doit se faire dans le respect de ses spécificités et des règles élémentaires qui gouvernent le domaine de la création d’activité partout au monde.


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