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L’an 2008 est crucial pour la baisse de l’inflation en Roumanie, affirme le gouverneur de la banque centrale, Mugur Isarescu

Le  mardi 26 février 2008
 

Bucarest, 25 fév(Rompres) - L’an 2008 est crucial pour la baisse de l’inflation en Roumanie, affirme Mugur Isarescu, gouverneur de la Banque nationale de Roumanie (BNR), dans une interview parue dans Saptamâna Financiara.

"Nous n’avons pas été fondamentalistes dans le ciblage de l’inflation et nous n’avons pas pris pour dogme le fait que cette stratégie supposerait le flottement libre du cours", relève M. Isarescu, ajoutant que l’Institut national des Statistiques calcule l’inflation sur la base des budgets de famille et non sur celle des comptes nationaux.

Selon le gouverneur de la banque centrale, le retour de l’inflation à une tendance descendante, par des réformes structurelles - et non par l’utilisation excessive des taux d’intérêt et du cours de change - favorisera l’adoption de la monnaie euro en 2012-2014.

M. Isarescu ajoute que, pour établir si une monnaie est surévaluée ou subévaluée, il est nécessaire de se rapporter à un cours d’équilibre. Le cours central avec lequel le pays entre dans la zone euro est considéré comme un cours d’équilibre et à l’établissement de celui-ci contribuent trois facteurs : le marché, les évaluations et les négociations politiques multilatérales. La BNR n’a pas ciblé un certain niveau du cours de change, précise Mugur Isarescu, ajoutant que l’institution a pris en compte le fait que l’économie réelle - prépondérante en Roumanie - ne saurait survivre aux grandes variations du cours de change, déterminées par l’économie financière dans le contexte des mouvements libres des capitaux, ce qui est arrivé au leu (monnaie nationale roumaine) le dernier temps, ainsi qu’à d’autres monnaies.

Mugur Isarescu affirme que, dès le début de 2008, il n’y a pas eu de dépréciation de la monnaie nationale, mais une correction du cours de change, depuis des niveaux non soutenables, atteints dans la période mai-septembre 2007. L’été dernier, le leu était bien surévalué, dit M. Isarescu, rappelant qu’une évaluation de la moyenne des mois janvier et février, par rapport à la moyenne de toute l’année précédente, relève une dépréciation de 7-8%.

Le gouverneur de la BNR mentionne que, dans les mois mentionnés, des retraits de capitaux matérialisés dans des investissements étrangers directs n’ont pas eu lieu. Il souligne à la fois que l’inflation, supérieure à celle de la zone euro, associée à des croissances substantielles de salaires, mène à l’érosion de la base d’appréciation du leu, qui se reflète aussi dans la détérioration du compte courant. Selon M. Isarescu, la demande exagérée de lei après la libéralisation totale du compte de capital, manifestée principalement par les comptes volatiles , devrait être découragée par la banque centrale et, dans ce contexte, la BNR a déjà réduit à 7% le taux d’intérêt de politique monétaire.


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