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Des arguments pour un investissement direct en Roumanie


Le  mardi 23 mars 2004

par Florin CONSTANTIN

1. Contexte

Je crois que l’investissement direct en Roumanie sous la forme de création d’activité est la modalité la plus appropriée de s’impliquer économiquement dans ce pays. Généralement, le placement financier bancaire et celui boursier (à la Bourse de Bucarest) présentent des intérêts résiduels, car souvent le rendement du premier est limité par des impositions fiscales douanières et le deuxième et conçu comme plutôt le résultat d’une implication plus conséquente des actionnaires au niveau des entreprises visées (contrôles de majorité, privatisations etc.). Voici quelques données qui vont éclairer mon développement ultérieur :

- le marché roumain est en quête de nouveaux produits et services de meilleure qualité, mais dont les prix, et donc les coûts de production doivent être en rapport avec le pouvoir d’achat local -> une production sur place aligne la majorité des facteurs intervenant dans le coût final sur le pouvoir d’achat des roumains ;

- les entrepreneurs locaux sont relativement décapitalisés ; malgré le fait qu’ils connaissent très bien le marché, ils ont souvent du mal à trouver les financements nécessaires pour élargir leurs prises du marché à une échelle nationale ;

- la Roumanie tend à avoir un équilibre financier de plus en plus réel et dans le fonctionnement des établissements de crédit et dans le comportement des débiteurs (une étude de l’UE pour 2003 montre que les ménages roumains débiteurs de crédits à l’électroménager se comportent mieux au niveau de la régularité des remboursements que les ménages français ou espagnols par exemple) ; en plus l’inflation a été de 9% en 2003 et le gouvernement s’est proposé à la cantonner dans les 5% pour 2004 - ainsi le crédit à la consommation ménagère a pris un grand essor du fait que les garanties requises sont moins contraignantes (le crédit commercial en général est lui aussi très fiable).

2. Motivations principales pour l’investissement direct en Roumanie

- s’implanter maintenant en Roumanie, avant son entrée en UE prévue pour 2007, c’est s’assurer une position certaine sur le plus grand marché du flanc Est de l’UE ( 22 millions d’habitants) dans des conditions législatives, fiscales et réglementaires plus flexibles que celle existantes dans un pays déjà intégré ;

- surtout dans le domaine des services aux particuliers et de proximité le marché reste presque inexploré ;

- la main d’œuvre est abondante et surtout elle est motivée à travailler pour des sociétés à capital étranger, car celles-ci offrent une garantie supplémentaire quant à la pérennité et au sérieux de l’emploi (des études récentes continuent à démontrer clairement la prédisposition des jeunes roumains à travailler dans des structures économiques crées par des étrangers) ;

- l’impossibilité du gouvernement roumain à assurer des lignes de crédit conséquentes à la création d’activité ce qui se conjugue avec les performances du crédit bancaire de type commercial (à la consommation des ménages, à l’activité courante des entreprises etc.) -> cela résulte dans une pression positive du marché encourageant la création de nouvelles activités ;

- il existe un grand nombre de porteurs d’idées issus de l’activité salariale et qui tout en ayant une prospection très pertinente du marché, sont à la recherche de partenariat avec des porteurs de capital occidentaux, faute d’avoir des moyens financiers suffisants pour se lancer dans l’activité.

3. Motivations d’espèce pour l’investissement direct en Roumanie

- une pénurie de logements abordables dans les grandes villes, ce qui entraîne une dynamique spéculative très importante dans le secteur immobilier, mais c’est aussi un signe de la faible implication directe des capitaux étrangers dans des projets immobiliers et plus généralement d’infrastructure / une certaine partie de ces projets concernant les collectivités locales sont financées avec des fonds européens ;

- des grands investisseurs mondiaux ont choisi de se retirer de marchés occidentaux pour consolider leur position en Roumanie - l’exemple le plus flagrant est celui du groupe "Hyparlo" ayant préféré d’abandonner l’Italie pour consacrer leurs investissements au marché roumain où les retours sur l’investissement ont été doubles par rapport aux meilleures études de marché :

"[...] "Hyparlo" va se désengager du marché italien pour se consacrer à la France et surtout à la Roumanie. Pourquoi ce changement de stratégie ?

Nous avons été les premiers à nous intéresser au marché italien, en 1990, en tant que relais de croissance à l’international. Mais, dès 1999-2000, après l’ouverture des hypermarchés de "Senigallia" et de « Lucca », nous avons été contraints de constater que les résultats de nos implantations italiennes étaient décevants, en raison de la concurrence trop importante des supermarchés. Une situation dont nous avons rapidement tiré les conclusions, en cédant tout d’abord le magasin de "Sinegallia" en avril 2001, puis en décidant aujourd’hui de quitter purement et simplement le marché italien, qui n’est plus un vrai relais de croissance. Mieux vaut pour "Hyparlo" se renforcer sur le marché roumain, actuellement en plein développement et sur lequel nous sommes leader, que de demeurer en situation d’attente sur le marché italien. Parallèlement, nous voulons continuer à maintenir notre position sur le marché français.

Quelles sont les perspectives de croissance "d’Hyparlo" en Roumanie ?

Le marché roumain ressemble un peu au marché français dans les années 70. Les structures sont peu organisées et le retour sur investissement est rapide. Nous avons été les premiers à ouvrir un hypermarché en Roumanie en juin 2001 et les résultats sont largement supérieurs aux espérances (deux fois plus élevés que l’étude de marché la plus optimiste). La surface de ce premier hypermarché va être portée dans les prochaines semaines de 8.700 à 10.000 mètres carrés. Un deuxième hypermarché ouvrira ses portes à Bucarest en octobre 2003. Puis à partir de 2004, nous comptons ouvrir deux hyper par an, à Bucarest tout d’abord puis dans les villes de plus de 300.000 habitants. Pour ce développement, nous sommes associés à 50/50 avec "Carrefour", mais nous assurons le management des magasins. Dans ce but, nous avons formé plusieurs Roumains en France.

Y a-t-il des risques à se développer sur ce marché ?

Il n’y a plus, selon nous, de risque politique ou économique, la situation étant désormais bien stabilisée en Roumanie. Le risque monétaire est en train de disparaître : longtemps, le lei, la monnaie roumaine, a été indexé sur le dollar, ce qui impliquait un risque de change pour nous. Cette situation est en train de se normaliser et, de plus en plus, le lei tend à s’indexer sur l’euro. Enfin, le risque de déphasage entre l’offre et la demande, comme on a pu le voir sur le marché polonais, ne semble pas à l’ordre du jour : à la différence de la Pologne, le marché roumain n’intéresse pas les distributeurs européens et nous n’avons que peu de concurrents directs.[...]" - Gilles PARDI, PDG "Hyparlo" pour Christine Cousseau © 2003 www.investir.fr

- le potentiel touristique n’est pas exploité d’une manière économique, notamment en matière d’image, mais principalement en matière de services intégrés (le touriste venu en Roumanie n’est pas incité, ou très peu, à consommer d’autres services et biens en complément de son séjour sur place) ;

- il n’y a presque aucun intérêt étranger manifeste à investir dans le secteur agricole de la production végétale ou de l’élevage industriel - dans ce cas l’exploitation de grande envergure qui s’impose en termes de rentabilité décourage le porteur de capital occidental / ce découragement vient principalement de l’illisibilité du marché post-production (conditionnement, marchés de gros, exportation etc.) -> ainsi, des opportunités excellentes existent dans la gestion des produits récoltés, en priorité concernant le stockage des céréales et la production de semences et de plants à haute valeur biologique ;

- en matière commerciale, on enregistre des carences au niveau des sociétés d’import-export assurant des fonctions de relais entre les donneurs d’ordre du marché occidental (solvabilité et capacité consumériste du marché) et les sous-traitants roumains (flexibles dans le traitement des nouveaux clients) ;

- en matière douanière, l’UE et la Roumanie pratiquent des tarifs réduits et souvent nuls en raison de l’intégration planifiée pour 2007 / des listes précises concernant les taxes douanières sont actualisées et étendues chaque année / généralement les quotas subsistent en matière alimentaire ;

- concernant les créations de type « green field », une profitabilité importante auraient les entreprises visant la production technologique de pointe (électronique etc.) en raison des faibles coûts de la main d’œuvre spécialisée (ingénieurs informaticiens étant embauchés entre 200 à 400 euros net par mois à la dernière bourse de l’emploi organisée à Bucarest en avril 2004) et des faibles coûts de investissements immobiliers rapportés à la valeur ajoutée de la production.


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