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Aucune incompatibilité n’existe entre la qualité d’allié aux USA et celle d’État membre de l’UE,

Le  lundi 29 octobre 2007
 

Article offert par Strategest Europe Consulting

affirme le ministre des AE, Adrian Cioroianu

Bucarest, 29 oct(Rompres) - Aucune incompatibilité n’existe entre la qualité d’allié aux USA et celle d’État membre de l’Union européenne (UE), affirme le ministre roumain des Affaires étrangères, Adrian Cioroianu, dans une interview parue ce lundi dans le journal Adevarul.

La Roumanie est de plus en plus un État européen, mais cela ne signifie pas que nous n’aurons pas de meilleures relations avec un pays ou autre, y compris avec les USA, dit le chef de la diplomatie roumaine. Celui-ci se réfère dans l’interview, entre autres, au partenariat stratégique de la Roumanie avec les États-Unis, aux récentes affirmations du président George W. Bush selon lesquelles la Roumanie se trouverait dans la zone de menace des missiles que l’Iran pourrait construire, à la relation avec la République de Moldavie, ainsi qu’à des aspects relevant de la politique interne.

Répondant à la question de savoir si la Roumanie était "au milieu" entre une politique pro- européenne et l’une pro-américaine, le ministre Cioroianu dit que, selon lui, c’était une image simplificatrice , qui ne reflétait pas la réalité.

"La Roumanie a administré assez bien les 15 derniers ans les deux dossiers, le dossier européen et le dossier américain. C’est absolument OK que nous avons un partenariat stratégique avec les USA ; nous ne sommes pas le seul pays à en avoir. Aucune incompatibilité n’existe entre la qualité d’allié aux USA et celle d’État membre de l’UE", a ajouté Adrian Cioroianu.

Quant à "l’axe Bucarest-Londres-Washington", que le président Traian Basescu évoquait à la fin de 2004, M. Cioroianu dit que c’était plutôt une déclaration de campagne, apparue pourtant sur un fonds "qui pourrait expliquer beaucoup de choses".

"En Roumanie, au moment 2004, dans le contexte de la compétition entre une droite pro- occidentale et une gauche qui était considérée comme étant nostalgique de l’Est, dire qu’on souhaite un axe pro-américain était une chose, du point de vue électoral, bénéfique", dit le chef de la diplomatie roumaine.

"Le plus grand mal que nous pourrions faire de l’intérieur est de donner l’impression qu’en Roumanie existe une équipe politique pro-américaine et une autre pro-européenne", relève M.  Cioroianu, ajoutant que, selon lui, ce n’est pas vrai. "Je n’ai pas vu au niveau du président (Traian Basescu - ndlr) de signaux visibles anti-européennes. D’autre part, j’ai vu au Premier ministre Tariceanu une ouverture aux investissements américains. Une cohérence existe quant aux questions de politique étrangère plus grande que vous ne pensez", souligne le chef de la diplomatie de Bucarest.

Se référant à la déclaration du président Bush, le ministre Cioroianu dit : "Je crois que le président Bush a voulu transmettre trois idées. En tout premier lieu, c’est un avertissement sur l’Iran. Celui-ci peut à présent atteindre des pays de l’Europe de l’Est et centrale, mais en 2015, s’il est laissé, il pourrait atteindre tous les pays de l’Europe, y compris l’Occident ou le territoire des USA. Le second message s’adresse peut-être aussi aux pays où existent des réserves visant l’installation des radars anti- missiles, comme il se passe dans la République tchèque et la Pologne. Comme vous savez, des débats ont lieu dans ces pays...Et jusqu’à la fin le signal est logique : on entre dans l’OTAN, on est du côté de chez les Américains - les boucliers font partie du système américain. Nous avons des droits, mais aussi des responsabilités. Par exemple, en Roumanie, nous souhaitons l’extension du bouclier par une ramification complémentaire qui soit de l’OTAN. Et troisièmement, il y aurait encore une idée : que le bouclier n’est pas contre la Russie, que l’ennemi est à présent autre..."

Le ministre Cioroianu aborde également la question des demandes de citoyenneté roumaine déposées à l’ambassade de Roumanie de la République de Moldavie, précisant dans ce contexte que la Roumanie a accordé 98 000 statuts de citoyen les 17 derniers ans.

Dans un autre ordre d’idées, le ministre se dit très inquiet de l’ampleur que pourrait acquérir le populisme sur la scène politique de Roumanie, d’autant plus - dit-il - que la Roumanie commence une longue période électorale qui ne prendra fin qu’après les élections présidentielles de 2009.

Quant à l’organisation du référendum sur le vote uninominal simultanément avec les élections pour le Parlement européen, le chef de la diplomatie roumaine est d’avis que ce n’est pas une bonne idée. "Mon intérêt, comme ministre des AE, serait d’avoir autant que possible un débat sur des sujets européens", a-t-il conclu.


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